FAQ - Projet de four à arc électrique et concertation continue

SOMMAIRE 

 

1. Le projet du four à arc électrique (EAF) 

2. La concertation 

 


1. Le projet du four à arc électrique (EAF)

 

1.1 Présentation générale

 

Qui est ArcelorMittal Méditerranée ? 

  • Implantée depuis cinquante ans dans la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, ArcelorMittal Méditerranée a une capacité de production annuelle de 4 millions de tonnes d'acier pour deux hauts-fourneaux. Le site emploie 2 500 salariés et 1 200 sous-traitants provenant des Bouches-du-Rhône, du Gard et du Var. C'est le deuxième site de production d'acier de France, spécialisé dans les aciers plats de haute performance destinés à l'automobile, l'énergie et les équipements industriels.
    ArcelorMittal est l’un des leaders mondiaux de l’industrie de l’acier et des mines avec 125 600 salariés, une présence dans 60 pays et des installations de production d'acier primaire dans 14 pays. En France, ArcelorMittal compte 14 800 salariés dont 850 chercheurs, répartis sur ses 40 sites de production, ses centres de distribution et de services et ses cinq sites de R&D.

 

En quoi consiste le projet de four à arc électrique ? 

  • Le projet consiste à transformer une partie du mode de production des aciers plats haute performance en remplaçant un haut-fourneau par un four à arc électrique. Cette technologie s'appuie massivement sur le recyclage d'acier usagé, l’énergie électrique tout en réduisant drastiquement la consommation de charbon.  

 

Pourquoi ce projet ? 

  • Le projet vise à décarboner la production, à renforcer la compétitivité du site, et à l'adapter à un contexte réglementaire européen de plus en plus exigeant sur les émissions de CO₂, dans un marché européen de l'acier en pleine mutation.

 

Combien coûterait ce projet et comment serait-il financé ? 

  • À ce stade, le coût est estimé à environ 750 millions d'euros, incluant notamment des travaux sur le raccordement électrique, des zones de stockage et un système de traitement des fumées. Il serait financé par ArcelorMittal, avec un soutien public souhaité dans le cadre du programme France 2030. 

 

Quel est le calendrier prévisionnel ? 

  • La finalisation des études et l'obtention de l'autorisation environnementale ont une durée estimée à 18 mois. Les travaux de construction et d'installation du four à arc électrique ont une durée estimée à 36 mois. La mise en œuvre de ce calendrier est conditionnée par la date d'accord des investissements.

 

Où en est le fonctionnement des hauts-fourneaux du site ?

  • Depuis octobre 2023, ArcelorMittal Méditerranée n'opérait plus qu'un seul haut-fourneau sur les deux présents sur le site, en raison d'un contexte européen marqué par une baisse de la demande d'acier, une hausse des importations amplifiée par les surcapacités mondiales, et une concurrence jugée déloyale avec des aciers de pays hors Union européenne non soumis aux mêmes coûts carbone. Le second haut-fourneau a redémarré en juillet 2026, portant le site à une production à deux hauts-fourneaux, avec une production visée de 3,5 millions de tonnes par an en année pleine.

 

Pourquoi ce retour à deux hauts-fourneaux maintenant ?

  • Cette reprise est rendue possible par la mise en œuvre des mesures de protection commerciale européennes : le MACF, mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (entré en vigueur au 1er janvier 2026) et la limitation des importations (entrée en en vigueur au 1er juillet 2026). Le site vise notamment à reconquérir des parts de marché sur le bassin méditerranéen et renouer avec ses niveaux de production historiques. 

 

Ce retour à deux hauts-fourneaux signifie-t-il que le projet de four à arc électrique est abandonné ?

  • Ce retour à deux hauts-fourneaux renforce plutôt la viabilité du projet en apportant des volumes additionnels. Les études relatives au four à arc électrique se poursuivent, et ce projet est une étape clé de la trajectoire de décarbonation engagée en 2024 avec la mise en service du four poche.

 

Que se passerait-il si le projet de four à arc électrique ne se réalisait pas ?

  • Le maintien d'un modèle reposant sur les hauts-fourneaux prolongerait le procédé historique basé sur le charbon, sans réduction significative  des émissions de CO₂ du site. Le coût du CO₂, c'est à dire la part du prix de revient de l'acier qui provient des obligations environnementales imposées aux sites industriels,  représentait environ 10 % du prix de revient de l'acier en 2024, pourrait atteindre 25 % d'ici 2030. Cette augmentation de coût pèserait  sur la compétitivité du site, qui exporte une large part de sa production sur le bassin méditerranéen, en concurrence avec des aciers dont la production n’est pas soumise aux mêmes contraintes.

 

1.2 Contexte de marché et compétitivité

 

Pourquoi la compétitivité de l'acier européen est-elle un enjeu pour ce projet ?

  • Le marché de l'acier est mondial et les producteurs d'acier européens font face à une concurrence internationale accrue, portée par la surcapacité mondiale et par des coûts de production inférieurs chez les producteurs non soumis aux mêmes règles environnementales.

 

Qu'est-ce que le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, et pourquoi est-il mentionné dans ce projet ?

  • À partir de janvier 2026, ce mécanisme taxe les importations d'acier selon leur intensité carbone, afin de rétablir des conditions de concurrence plus équitables entre producteurs européens et extra-européens. C'est l'un des éléments de contexte pris en compte dans la décision de relancer le second haut-fourneau.

 

1.3 Environnement et ressources

 

Quelle est l'empreinte environnementale du projet ? 

  • La contribution propre de ce nouveau projet permettrait de réduire les émissions de CO₂ du site de l'ordre de 26 %. Cette réduction, combinée à celle du four poche mis en service en 2024, permettrait d'atteindre une réduction cumulée de 35 % par rapport au niveau de 2018, année de départ de la première version de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC 1).

Cf fiches complémentaires : lien 

 

Quel est l'impact sur les émissions atmosphériques ? 

  • La transition entraînerait une baisse d'au moins 25 % des émissions atmosphériques (poussières totales, oxydes d'azote, oxydes de soufre) par rapport à la moyenne des années 2018-2021 (hors année 2020 du Covid-19). Les techniques prévues incluent des niveaux d’aspirations multiples dont les flux seraient traités par un filtre à manches.

Cf fiches complémentaires : lien 

 

Quel est l'impact sur la ressource en eau ? 

  • Les besoins liés à la mise en service du four à arc électrique sont estimés à moins de 1 million de m³/an, sans augmentation des prélèvements du site grâce à l'arrêt d'un haut-fourneau. Sur les 5 dernières années, le site a prélevé en moyenne 17,3 millions de m³/an et rejeté 8,8 millions de m³/an. Un plan de sobriété hydrique, lancé en juillet 2023, vise une réduction de 10 % de la consommation d'eau d'ici 2030 par rapport à 2022.

 

Quel est l'impact sur la biodiversité et les zones humides ? 

  • Le four à arc électrique s'implanterait à 80 % sur des zones déjà industrialisées. Le bureau d'études ECO-MED a évalué une superficie de 100 hectares dans le cadre d’une étude réglementaire quatre saisons qui s'inscrit dans la démarche Éviter-Réduire-Compenser (ERC). Cette étude a permis d'optimiser l'implantation des équipements, pour n’ajouter que 6 hectares non anthropisés, soit une augmentation de moins de 1 % de la surface industrialisée de l'usine de Fos-sur-Mer. Les propositions de compensations liées à ces incidences résiduelles seront précisées. Elles seront situées dans l’enceinte de la propriété foncière actuelle d’ArcelorMittal.

 

Qu'advient-il des coproduits générés (laitiers, poussières) ? 

  • Les coproduits seraient de même nature que ceux existants, en quantité moindre. Ils seraient valorisés dans les filières existantes : travaux publics (substitution aux granulats naturels), domaine agricole (amendement minéral) ou industriel (cimenterie, laine de roche).

 

Quel est l'impact sur le trafic routier ? 

  • Le projet n'aurait pas d'impact significatif sur le trafic routier en phase d'exploitation. En phase de mise en œuvre, 50 rotations de poids lourds par jour sont prévues.

 

1.4 Sécurité industrielle et gestion des risques

 

Le site est-il soumis à une réglementation particulière ? 

  • Le site est une Installation Classée pour la Protection de l'Environnement (ICPE) soumise à autorisation, classée à ce jour SEVESO seuil haut. Des études sont en cours pour identifier les incidences du projet sur les différentes rubriques ICPE ; leurs résultats seront intégrés au dossier de demande d'autorisation environnementale.

 

Le projet pourrait-il faire évoluer ce classement ? 

  • La réduction d'activité de la filière fonte entraînerait une diminution de la production des gaz sidérurgiques et donc du niveau de risque associé, dont l'impact sera estimé précisément.

 

Comment les risques du projet sont-ils étudiés ? 

  • Une Étude de Danger (EDD), réactualisée en 2023 pour le site, identifie et anticipe les risques d'accident majeur. Une étude de danger spécifique au projet sera réalisée et annexée à celle du site ; les effets domino seront étudiés à travers ces deux documents.

 

Le site est-il exposé à des risques naturels ? 

  • La commune de Fos-sur-Mer se trouve en zone de sismicité modérée ; les règles de construction parasismique seraient appliquées aux nouveaux bâtiments. La commune n'est pas soumise à un Plan de Prévention des Risques Inondation. Le risque de feu de broussailles est encadré par un plan de débroussaillage. La côte est soumise à un risque de submersion (vagues jusqu'à 3 m selon le plan ORSEC tsunami), pouvant toucher certaines zones de stockage. Les ouvrages envisagés dans le cadre de ce projet tiendraient compte de l’ensemble des risques identifiés.

 

Quelles garanties en matière de santé-sécurité au travail ? 

  • Le site de Fos-sur-Mer s'appuie sur une démarche de sécurité intégrée et complète : protections collectives, formation des salariés, accompagnement des entreprises sous-traitantes, dans le cadre de sa certification ISO 45001, un référentiel reconnu de management de la santé et de la sécurité au travail. Cette démarche sera déployée dans le cadre de ce projet, en phase de construction comme en phase d’exploitation.

 

1.5 Réseau électrique

 

Le projet nécessite-t-il un nouveau raccordement électrique ? 

  • La consommation serait d'environ 500 kWh par tonne d'acier liquide produite. Le raccordement actuel de l’usine au réseau de transport d’électricité serait insuffisant. RTE, co-maitre d’ouvrage de ce projet, construirait un nouveau raccordement depuis son poste de Feuillane vers un nouveau poste ArcelorMittal Méditerranée dédié à l’EAF.

 

 1.6 Emploi et retombées

 

Quels effets sur l'emploi ? 

  • L'objectif premier est de pérenniser les emplois du site : il n'est pas anticipé, à ce stade, que le projet génère de nouveaux emplois, hormis lors de la phase de mise en œuvre. Une adaptation de l'organisation pourrait être nécessaire et ferait l'objet d'échanges préalables avec les instances représentatives du personnel.

 

Quelles retombées pendant la phase travaux ? 

  • Les phases de construction et de démarrage entraîneraient, pendant plusieurs années, un pic d'activité pouvant atteindre jusqu'à 500 personnes simultanément. ArcelorMittal Méditerranée veillera à intégrer des entreprises locales dans les appels d'offres correspondant à leurs compétences.

 

Les salariés seront-ils formés ? 

  • Les formations viseraient à développer la polyvalence des salariés et à les préparer aux nouveautés de process liées à l'électrification de l'outil de travail, avec une place importante donnée à la sécurité et à la maîtrise des risques industriels.

 

2. La concertation 

 

2.1 Cadre légal et acteurs

 

Pourquoi une concertation continue est-elle organisée ?

  • La concertation continue fait suite au débat global sur le territoire de Fos-Etang de Berre, organisé d'avril à juillet 2025. Elle permet de poursuivre le dialogue avec les publics tout au long des études et de la préparation du projet, conformément à l'article L.121-14 du code de l'environnement.

 

Quelle est la durée de la concertation continue ?

  • Elle se déroulera jusqu’à l’ouverture de l’enquête publique

 

Qui garantit cette concertation ?

  • Deux garantes ont été désignées par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), par avis n°2026/4/8 du 12 janvier 2026 : Anne Laporte et Audrey Richard-Ferroudji. Elles veillent à la qualité, à la sincérité et à l'accessibilité de la démarche pour l'ensemble du public, de manière neutre et indépendante du maître d'ouvrage, pendant toute la durée de la concertation continue.

 

Quel est le rôle de la CNDP dans ce dispositif ?

  • La Commission Nationale du Débat Public est l’autorité indépendante chargée de garantir le droit de toute personne à l’information et à la participation sur les projets qui ont un impact sur l’environnement. Les valeurs de la CNDP appliquées par les garantes dans cette concertation continue sont l'indépendance, la neutralité, la transparence, l'argumentation, l'égalité de traitement et l'inclusion.
     

 

Pourquoi la concertation continue d'ArcelorMittal Méditerranée n'est-elle pas mutualisée avec les autres projets de la zone suite au débat global ?

  • À l'issue du débat public global, la CNDP a souligné l'intérêt de temps de concertation partagés entre les différents porteurs de projets du territoire, afin de tenir compte des thématiques communes à plusieurs opérations industrielles de la zone. ArcelorMittal comme les autres porteurs de projet propose des modalités propres compte-tenu des spécificités de son projet et de son calendrier.

 

2.2 Modalités et outils de participation

 

Comment le public peut-il participer pendant la concertation continue ?

  • Ce site internet dédié à la concertation continue est le principal point d'accès du public. Il propose un espace de contributions libres, visible par tous, ainsi que cette Foire Aux Questions (FAQ), qui rassemble les réponses aux questions les plus fréquentes sur le projet et sur la concertation, et qui est régulièrement enrichie par l'équipe projet à partir des questions posées par le public. Les cahiers d'acteurs, disponibles sur le site, permettent aux organisations (collectivités, associations, entreprises, syndicats...) d'exprimer et de publier leur position sur le projet, sous la forme d'un document court et argumenté. L'ensemble des contributions déposées fera l'objet d'une analyse par les garantes dans leur rapport annuel de concertation continue et dans leur rapport final.

 

Le public pourra-t-il aussi participer à des événements ?

  • ArcelorMittal Méditerranée organisera plusieurs événements ouverts à toute personne au cours de la concertation continue. Les dates seront communiquées sur le site dédié à la concertation dès qu'elles seront fixées.

 

Mes questions et contributions seront-elles suivies dans la durée ?

  • Oui. Les contributions sont recueillies et examinées tout au long de la démarche, sous le regard des garantes désignées par la CNDP et seront compilées et publiées dans une analyse qui sera publiée dans les rapports annuels et final des garantes. Elles feront une synthèse des arguments échangés et actualiseront les demandes de précisions exprimées dans la concertation. 

 

Comment se conclura la concertation continue ?

  • La concertation continue se conclura soit par l'ouverture de la consultation publique sur les demandes d'autorisation déposées par ArcelorMittal Méditerranée, soit par l'abandon du projet. À l'issue de cette phase, les garantes désignées par la CNDP dresseront un bilan de la démarche, dans lequel seront partagés les enseignements de la concertation et les suites qui y sont données.